Connaissez-vous l’expression « Bordel informatique » ?

Elle est souvent utilisée dans les médias pour désigner les multiples problèmes informatiques au gouvernement du Québec? Sinon, cliquez ici › pour le constater par vous-même.

Les employés du gouvernement qui travaillent dans le secteur informatique ont, depuis longtemps, leur petite idée sur les raisons de ces trop nombreux fiascos : l’État n’est pas le véritable maître d’œuvre de ses projets informatiques. Il dépend des très nombreuses compagnies privées qui développent pour lui des projets comme le dossier santé par exemple, et il en est captif. De plus, comme nous l’avons vu dans le domaine de la construction de routes, le gouvernement n’a pas l’expertise ou le personnel disponible pour évaluer les solutions que les firmes privées tentent de lui vendre à gros prix. La section « Captivité de l’État » démontre l’ampleur de ce phénomène en illustrant celui-ci par 3 études de cas.

Dans la section « Internet : est-ce que cela devrait être un service public? », nous vous convions à réfléchir sur les tarifs et l’organisation de l’accès au réseau internet dans les différentes régions du Québec. Y aurait-il moyen de faire mieux?

Finalement, dans la section « Confiance des citoyens », vous trouverez les résultats d’un sondage SOM tenu à l’été 2018 sur les services numériques gouvernementaux auxquels la population souhaiterait avoir accès.

Ce site Web a été développé par le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec afin d’attirer l’attention de la population sur ces enjeux actuels et pour leur permettre de faire connaître leur opinion aux candidats aux élections provinciales de l’automne 2018.

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Captivité de l'état

En matière d’informatique, le gouvernement se place en situation de vulnérabilité, et ce, de plusieurs façons, notamment en étant captif de ces fournisseurs privés.

  • Le cas des licences Microsoft
  • La réversibilité des données
  • Le ratio expertise interne versus expertise privée au gouvernement du Québec
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Internet : est-ce que cela devrait être un service public?

Depuis plusieurs années maintenant, les citoyens du Québec constatent qu’ils sont parmi les plus tarifés dans le monde pour leur service Internet et téléphonie mobile.

  • Le prix de l’Internet au Québec
  • La couverture du réseau
  • L’accès à Internet 5G, indispensable à l’avènement de l’Intelligence artificiel
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Confiance des citoyens

Les services numériques doivent bonifier l’offre de services gouvernementaux, pas signifier l’abandon d’autres formes d’accès au service.

  • Les citoyens veulent-ils plus de services numériques ?
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Captivité de l'état

En matière d’informatique, le gouvernement se place en situation de vulnérabilité, et ce, de plusieurs façons, notamment en étant captif de ces fournisseurs privés. Son manque d’expertise et de ressources humaines en informatique est connu et reconnu; la révolution numérique en cours s’accélère avec l’intelligence artificielle et, pourtant, le gouvernement du Québec ne possède pas de directions sectorielles ou d’autres structures officielles pour véritablement s’attaquer à ces problèmes, lesquels ne peuvent que s’intensifier.

À ce jour, de nombreuses lois ont mis en place des processus administratifs plus contrôlants dans la gestion des contrats (ex. : Dirigeant principal de l’information) et l’obligation de faire une planification annuelle des grands projets. Toutefois, ces mesures ne diminuent en rien la captivité de l’État. Quand on souhaite régler un problème, on s’y attaque avec détermination, en le cernant dans ses multiples facettes et en lui allouant des ressources.

Ainsi, malgré les déclarations des politiciens québécois que l’on voit dans la vidéo de présentation, on peut sincèrement se demander s’ils veulent vraiment sortir le gouvernement de sa dépendance dans le domaine informatique.

Voici trois études de cas qui tendent à démontrer que, contrairement aux discours officiels, les gestes ne sont pas au rendez-vous.

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Le cas des licences Microsoft

En 2013, le gouvernement du Québec a acheté des licences Microsoft (système d’exploitation et suite Office) pour 76 000 ordinateurs. Il a autorisé la signature de contrats, donnés de gré à gré, avec dix fournisseurs.

Le gouvernement du Québec justifiait sa décision en invoquant l’urgence de la situation puisque Microsoft mettait fin à son service de soutien du système d’exploitation Windows XP et de la suite de bureautique Office 2003. Totalement à la merci d’une compagnie externe, le gouvernement du Québec a affirmé être obligé d’agir ainsi pour éviter une rupture dans les activités des ministères et organismes.

La controverse de 2013, laquelle faisait suite à un jugement important pour le logiciel libre en 2010 (procès de la compagnie Savoir-Linux contre la Régie des rentes du Québec), a fait en sorte que le gouvernement de l’époque avait annoncé un virage vers les logiciels libres pour l’avenir. Le gouvernement avait notamment annoncé la mise sur pied du Centre d’expertise en logiciel libre (CELL), lequel comptait sur l’expertise d’une vingtaine de personnes.

Un guide détaillé du Secrétariat du Conseil du trésor à l’attention des gestionnaires des ministères et organismes en faisait la promotion et concluait : « Si les objectifs de ce guide sont atteints, l’intégration de logiciels libres et ouverts à l’infrastructure technologique de l’Administration québécoise se trouvera facilitée par une meilleure compréhension des enjeux et des problématiques qui s’y rattachent. À moyen et long terme, il est à espérer que cette démarche contribuera à la réduction des dépenses technologiques, tout en assurant l’interopérabilité des différentes branches de l’Administration et en accroissant son indépendance technologique. »

Quelles économies seraient possibles si on cessait de dépendre de Microsoft au gouvernement du Québec?

Selon une évaluation de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), « en présumant que le cycle de vie d’un produit Microsoft varie de 5 à 10 ans, on parle alors d’une dépense minimale de 26 à 52 M$ par année qui pourrait être évitée, et ceci, uniquement sur le plan du gouvernement provincial et uniquement en ce qui concerne certains produits Microsoft ».

Où en sommes-nous en 2018?

En mai 2018, la ville de Montréal a présenté sa Politique sur l’utilisation et le développement des logiciels et du matériel libres. Cette initiative est saluée, notamment par FACIL, un organisme qui fait la promotion d’une appropriation collective de l’informatique libre.

Pendant ce temps, au gouvernement du Québec, on ne retrouve plus le Centre d’expertise en logiciel libre (CELL) dans l’appareil gouvernemental, alors qu’en 2016, ledit gouvernement annonçait son transfert au Dirigeant principal de l’information (lequel se trouve au Secrétariat du Conseil du trésor).

Il semble donc que le gouvernement ait encore un double discours par rapport au logiciel libre puisque l’on peut lire sur la page « Logiciel libre » : « Le gouvernement préconise l’utilisation du logiciel libre lorsqu’il s’avère le meilleur choix et fera en sorte que les dirigeants aient le soutien nécessaire à cet effet. » S’ensuivent divers guides et chiffriers qui semblent plus servir à décourager les gestionnaires à adopter le « libre » tellement l’analyse y est complexifiée.

Ainsi, non seulement le logiciel libre doit être fonctionnel et performant, mais il doit s’avérer LE meilleur choix. Il doit donc « battre » les géants qui offrent des solutions « formule tout inclus » où le gestionnaire gouvernemental ne doit que respecter des budgets, sans faire aucune démonstration sur la « plus-value » de la solution technologique retenue. De plus, le gestionnaire qui choisit de continuer avec Microsoft aura tout le « soutien » requis au Centre de services partagés du Québec (CSPQ) pour faire ses achats, alors que le CSPQ n’offre plus le soutien du CELL pour les logiciels libres.

Pour terminer l’illustration du manque de volonté du gouvernement en matière de logiciel libre, on trouve sur cette même page Web, cette affirmation : « Le gouvernement du Québec désire faciliter le partage et les échanges avec la communauté de pratique du logiciel libre. Le compte Twitter @LogicielLibreQc a été créé à cet effet ». Or, il n’y a eu aucune publication sur le compte Twitter du CELL depuis 2016.

Mais plus parlant que tout… Des ententes avec Microsoft, comme celle de 2013, ont été signées de nouveau en 2015 pour 3 ans. On peut donc se demander s’il y a vraiment une volonté de sortir de la dépendance informatique au gouvernement.

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La réversibilité des données

L’infonuagique est devenue LA solution afin de permettre aux gens d’avoir accès à l’ensemble de leurs données, photos, musiques et documents sur les différentes plateformes qu’ils utilisent. Ainsi, pour accéder aux photos sur l’ordinateur, le téléphone portable et la tablette, une multitude d’éléments est dorénavant hébergée sur un serveur décentralisé : le nuage.

L’infonuagique est proposée par une panoplie de fournisseurs. Ceux-ci acceptent d’héberger les informations, rendant ces dernières transportables partout, et en tout temps. Désormais, plus besoin de se promener avec des disques durs, mémoires Flash et autre matériel de stockage.

Si l’avantage est indéniable, des enjeux émergent de cette dématérialisation des mémoires numériques. En effet, si on « donne » ses documents à un fournisseur d’hébergement, est-ce qu’on lui cède des droits d’usage? Peut-on ravoir ses données lorsqu’on veut changer de fournisseur? Dans quel format ces données seront-elles retournées? Bref, durant le temps où elles sont chez lui, le fournisseur d’hébergement détient un pouvoir ABSOLU sur ces données.

Des expériences malheureuses peuvent alors surgir démontrant une captivité complète. Un des plus célèbres cas d’un fournisseur d’hébergement infonuagique prenant en otage les données de son client est sans contredit celui d’Oracle (logiciel de gestion). Le client, le parti politique UMP (France), a un jour voulu changer de fournisseur, mais Oracle a refusé de lui redonner ses données, arguant un problème technologique. L’UMP a poursuivi et gagné contre Oracle (2012). Cette victoire a dès lors mis l’enjeu de la réversibilité des données sur la place publique et, par conséquent, a créé des pratiques d’affaires et juridiques pour encadrer cette relation particulière où un fournisseur détient un pouvoir complet sur les données qu’il héberge.

Plus près d’ici, le gouvernement du Québec s’est battu jusqu’en Cour Suprême pour récupérer les données du défunt Registre des armes à feu canadien, dans le but de créer le sien. La captivité du Québec était alors flagrante, et ce, non pas pour des enjeux technologiques, mais bien pour des enjeux de gouvernance.

Sachant que le gouvernement du Québec fait la promotion de l’infonuagique au sein de l’appareil gouvernemental par les services du Centre de services partagés du Québec, est-ce là une pratique qui demanderait quelques réflexions publiques?

En effet, les citoyens donnent leurs données au gouvernement. Lorsque ce dernier les confie à l’une des nombreuses multinationales de l’infonuagique, ne met-il pas en péril la sécurité de nos données? Les données gouvernementales sont-elles identiques à d’autres données personnelles et peuvent-elles être traitées de la même manière? Ultimement, le terrorisme ou le crime électronique ne pourrait-il pas prendre les données d’un gouvernement en otage en échange d’une rançon ou d’un autre privilège?

L’une des avenues de réduction des risques pour le gouvernement du Québec, et les autres gouvernements, ne serait-elle pas de se munir de leurs propres services d’infonuagique plutôt que de se mettre en situation d’extrême vulnérabilité en confiant les données personnelles des Québécoises et Québécois aux Amazon et Microsoft de ce monde? De plus, ce serait en français, ce qui est loin d’être négligeable!

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Le ratio expertise interne contre expertise privée au gouvernement du Québec

Le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) réclame des mesures plus soutenues afin de retenir les techniciens informatiques au sein du gouvernement.

Selon le dernier rapport du Conseil du trésor, il y a une augmentation des postes à combler en 2017 par rapport à 2016, malgré les efforts déployés par le gouvernement pour en embaucher davantage, s’inquiète le SFPQ. […]

La démonstration de ce reportage est claire : le gouvernement a diminué les projets informatiques ce qui a amélioré son ratio de personnel interne. Pourquoi ce ralentissement? Notamment parce qu’il manque de main-d’œuvre.

Si le gouvernement manque actuellement de personnel, comment penser que le Québec deviendra un leader mondial en matière d’intelligence artificielle, comme le claironne partout le Premier ministre Philippe Couillard, depuis près d’un an, quand il n’utilise même pas ses propres ressources pour donner l’exemple?

Ainsi, malgré l’arrivée massive de l’intelligence artificielle à Montréal, le gouvernement n’a pas encore de direction du numérique ou un ministre responsable de cela. Est-ce normal? N’est-ce pas là se condamner à être en retard? Pourquoi ne pas tirer profit de notre avantage concurrentiel avec notre électricité et notre main-d’œuvre qualifiée, célébré par toutes les multinationales qui viennent actuellement s’établir à Montréal? Qu’attend le gouvernement pour se doter d’une expertise en matière d’intelligence artificielle?

Passez à l’action contre la captivité de l’État!

Il semble donc que le gouvernement du Québec produit des dizaines de stratégies et de documents sans réellement prendre le taureau par les cornes pour que le Québec devienne un leader numérique.

Non, ce n’est pas ce qu’on veut. Cliquez ici pour vous faire entendre auprès des principaux partis politiques du Québec.

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Internet : est-ce que cela devrait être un service public?

Le prix de l’Internet au Québec

Depuis plusieurs années maintenant, les citoyens du Québec constatent qu’ils sont parmi les plus tarifés dans le monde pour leur service Internet et téléphonie mobile (essentielle à l’Internet sur nos téléphones intelligents).

Plusieurs rapports du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) démontrent que le Canada est parmi les pires pays du G7 pour les prix des forfaits Internet et de téléphonie mobile.

Présentement, au Québec, ce sont des compagnies de télécommunications qui offrent les forfaits d’abonnement. Le CRTC tente d’encadrer les pratiques de ces compagnies pour en assurer l’accès universel, mais, d’ici là, comment faire pour trouver les meilleurs tarifs?

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Comment trouver les meilleurs tarifs?

Vous devrez commencer par comparer les prix des compagnies présentes sur votre territoire. La patience sera de mise, car vous devrez :

  1. Trouver les fournisseurs qui offrent le service chez vous;
  2. Déterminer vos besoins mensuels en téléversement – téléchargement, en Internet fixe ET mobile (des forfaits différents);
  3. Contacter chacun des fournisseurs pour obtenir des soumissions, lesquelles, bien souvent, sont incomparables entre elles puisque les fournisseurs modulent leur prix différemment selon que vous les joigniez ou non à d’autres services (ex. : télévision, téléphonie résidentielle, etc.);
  4. Tenter de trouver des points de comparaison entre vos soumissions pour trouver le fournisseur qui vous intéresse le plus;
  5. Rappeler le fournisseur et tenter de négocier pour améliorer votre forfait.

De toute façon, quel autre choix avez-vous pour tenter de payer un prix raisonnable…?

En ce qui concerne les tarifs, le magazine de consommation Protégez-vous dévoilait l’automne dernier les résultats d’une vaste enquête sur les télécommunications, Internet et la téléphonie mobile. Elle concluait : « Notre sondage le prouve encore une fois : dans les télécoms, le service est meilleur chez les petits fournisseurs ! Consultez les résultats de notre enquête afin de savoir quelles entreprises offrent un service de qualité et des interactions efficaces avec le personnel.

Et si vous trouvez votre facture de télécoms trop élevée, nos conseils vous aideront à négocier avec votre fournisseur. En moyenne, les gens qui renégocient leur facture mensuelle économisent ensuite près de 400 $ par année! »

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La couverture du réseau

Plus largement que la question des prix est aussi la question de la disponibilité de l’Internet qui est un enjeu pour les familles québécoises.

Malheureusement, au Québec, comme ailleurs au Canada, il y a encore trop de foyers et d’entreprises qui n’ont pas accès à Internet ou à la téléphonie mobile; d’autres ont accès à des services inacceptables en matière de qualité (rappelez-vous le bruit du modem lorsque vous souleviez le combiné du téléphone) ou de prix (pensez satellite).

L’étude de l’IRIS, citée précédemment, révélait :

  • Environ 10 % des ménages québécois (340 000) n’ont pas accès à une connexion Internet haute vitesse;
  • Parmi les provinces canadiennes, c’est au Québec qu’on retrouve la plus grande concentration de foyers ayant un abonnement avec moins de 50 Go (considéré comme le minimum acceptable).

Ces données ne tiennent pas compte des entreprises dont le développement est freiné par le manque d’accès à Internet ou à une connexion de mauvaise qualité. La question de ce qu’est un accès acceptable à Internet est d’ailleurs mieux définie dans l’étude de l’IRIS.

Cet accès acceptable à Internet a été au cœur des réflexions des participants au Sommet du monde rural #Tous Ruraux (printemps 2018). Les participants y ont déploré ce frein au développement de ce territoire : « la proportion des ménages branchés est plus faible dans certaines MRC, et atteignait moins de 70 % dans près de 15 MRC en 2012 (ISQ, 2017d). En 2017, plus de 300 000 ménages en milieux ruraux n’avaient pas accès à Internet haute vitesse ou disposaient d’une connexion de mauvaise qualité, une réalité qui empêche des entreprises et des travailleurs autonomes de s’installer dans certaines municipalités (Radio-Canada, 2017). Le manque d’accès aux réseaux de téléphonie cellulaire est également un enjeu important dans certains milieux qui, encore une fois, empêche des gens ou des entreprises à s’y installer (Radio-Canada, 2016). »

Les Québécois du monde rural demandent aux partis politiques de mettre fin au développement d’un accès Internet à deux vitesses qui est en cours au Québec. D’ailleurs, le gouvernement du Québec reconnait ce problème dans sa stratégie numérique dévoilée en décembre 2017 mais il semble manquer de vision dans les solutions à mettre de l’avant. Dans les faits, même si les citoyens ruraux se concertent et unissent leur voix pour réclamer l’accès à la haute vitesse, il semble qu’ils seront encore exclus de la prochaine révolution numérique. En effet, l’Internet des objets et l’accessibilité aux solutions d’intelligence artificielle nécessiteront l’accès au réseau 5G. Or, le projet gouvernemental de PPP qui développe ce projet actuellement ne comprend, pour l’instant, qu’un point de service à Québec et Montréal. Voyons en quoi consiste ce projet appelé ENCQOR.

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L’accès à Internet 5G, indispensable à l’avènement de l’intelligence artificiel

Aujourd’hui, le réseau 4G est surchargé là où il est offert et, pourtant, on ne cesse de vanter l’arrivée prochaine de la voiture autonome, des capteurs en lien avec les médecins pour surveiller la santé des gens, etc. Pour que les promesses et les possibilités de l’intelligence artificielle se matérialisent, Québec doit avoir un réseau 5G beaucoup plus rapide. En effet, à certains endroits, en ce moment, des éléments, aussi simples qu’un robot de traite de bétail, ne fonctionnent pas parce que le réseau cellulaire n’est pas assez étendu.

Si le Québec désire devenir, comme les politiciens actuels l’affirment, un leader mondial de l’intelligence artificielle, le développement du réseau 5G est indispensable. Mais qui développe ce réseau en ce moment? Où sera-t-il offert? À quel coût?

On apprenait récemment du Huffington Post que « les fournisseurs de service sans fil chantent les vertus de la très attendue technologie 5G, mais au Canada, le trio de géants des télécommunications reste très discret. » Probablement qu’ils attendent puisque les pouvoirs publics investissent déjà pour développer les infrastructures que les entreprises de télécommunications utiliseront ensuite. Ainsi, d’importants investissements publics ont récemment été annoncés pour le projet ENCQOR, lequel vise à développer un corridor précommercial de 5G entre le Québec et l’Ontario.

Les deux provinces et le gouvernement fédéral investiront chacun 67 millions $, alors que les quelque 200 millions $ restants seront injectés par cinq partenaires privés; un partenariat public-privé (PPP) qui profitera à 1000 PME.

Mais pourquoi, encore une fois, développer des infrastructures qui ne bénéficieront qu’à certains? Lors de l’annonce de ce PPP, le président et chef de la direction d’Ericsson, Borje Ekholm, affirmait qu’en matière d’infrastructures nationales, on pense souvent aux autoroutes et aux rues, mais, selon lui, « les autoroutes du futur seront numériques ». Ne devrait-on pas alors les traiter de la même manière, c’est-à-dire sous la forme de services publics?

Un service public? Oui!

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Les citoyens veulent-ils plus de services numériques?

Le gouvernement devrait donc massivement développer de nouveaux services publics en version numérique. Toutefois, il doit s’assurer que tous les citoyens puissent obtenir le même service autrement, s’ils n’ont pas accès à l’Internet ou s’ils n’en maîtrisent pas les rouages. De plus, les services numériques doivent bonifier l’offre de services gouvernementaux, pas signifier l’abandon d’autres formes d’accès au service.

La population doit pouvoir parler directement à des fonctionnaires lorsque l’accès au service numérique est inexistant, mais surtout lorsque la situation de la personne n’entre pas dans les paramètres de la version numérique du service.

Pour de très nombreuses personnes, un enjeu majeur pour l’efficacité d’un service numérique est celui de l’intelligibilité des plateformes sur lesquelles les gens doivent aller pour utiliser ledit service numérique. Actuellement, le gouvernement est très en retard, notamment à cause de l’obligation qu’il a d’authentifier les gens se connectant à un service numérique : généralement, on doit s’inscrire une première fois en ligne en précisant souvent une ligne de notre déclaration de revenus; on doit ensuite attendre une lettre qui nous donne un identifiant, lequel permet d’accéder audit service en ligne. C’est un processus très lourd.

Or, les gens aiment les services numériques de leurs banques, de leurs assurances ou de leurs services des loisirs parce qu’ils leur permettent d’économiser du temps. Ce qui n’est pas toujours le cas au gouvernement du Québec, comme l’illustre histoire de ce blogueur rapportée ici.. C’est plutôt l’histoire de ce QUI NE DOIT PAS se passer avec les services numériques gouvernementaux. Il est tout de même troublant de constater que les services numériques gouvernementaux évoluent à vitesse d’escargot. Pour preuve, ce n’est que depuis juin 2018 que les entreprises qui désirent transmettre une soumission pour un appel d’offres sur un contrat public peuvent le faire en format électronique.

Cliquez ici pour vous faire entendre auprès des principaux partis politiques du Québec.

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